Lettre pour l’article Depression in Osteoarthritis: Current Understan

Monsieur le rédacteur

Nous avons lu avec grand intérêt l’étude de Wang et al,1 qui attirent l’attention des fournisseurs de soins de santé sur la cooccurrence de la dépression et de l’arthrose (OA). Nous apprécions particulièrement le point de vue selon lequel les cliniciens devraient mettre en œuvre un plan de traitement individualisé et complet pour les patients arthrosiques souffrant de dépression. Cependant, nous avons trouvé un point digne de discussion et nous aimerions partager nos points de vue dans les paragraphes suivants.

Les antidépresseurs sérotoninergiques suivants sont couramment prescrits pour le traitement de la douleur neuropathique ou de la dépression dans les cliniques externes d’orthopédie et les cliniques de gestion de la douleur : antidépresseurs tricycliques (p. ex., amitriptyline), inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (p. ex., citalopram, escitalopram, fluoxétine, paroxétine, sertraline, fluvoxamine ), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la norépinéphrine (p. ex., duloxétine et venlafaxine). Cependant, les cliniciens doivent prêter attention au potentiel d’interaction médicamenteuse (DDI) entre l’antidépresseur et l’analgésique chez les patients arthrosiques. Le tramadol, un opioïde faible, est souvent prescrit pour traiter la douleur liée à l’arthrose. Il existe un avertissement associé au tramadol et à son utilisation concomitante avec tous les antidépresseurs sérotoninergiques en raison de la crainte d’un DDI entraînant un syndrome sérotoninergique (SS).2,3 Le tramadol est un médicament psychotrope de classe II qui doit être prescrit exclusivement, donc sa DDI est moins susceptible d’être identifiée par les pharmaciens s’il n’y a pas de mécanisme d’examen de la pertinence de tous les médicaments actuellement utilisés. Le patch transdermique de buprénorphine et le produit combiné d’acétaminophène et d’oxycodone, également des médicaments psychotropes de classe II en Chine, ne sont pas sujets aux DDI liés à la sérotonine, de sorte qu’ils constituent des alternatives au tramadol. De plus, la paroxétine, un puissant inhibiteur du cytochrome P450 2D6, pourrait inhiber de manière significative le métabolisme du tramadol en son métabolite actif M1 et réduire l’effet hypoalgésique du tramadol.4 L’oxycodone n’est pas sujette à l’inhibition du CYP2D6 seul, ainsi son produit combiné (acétaminophène/oxycodone) pourrait être utilisé en concomitance avec la paroxétine.5

Wang et al ont abordé la relation entre la dépression et l’arthrose, et leur travail est très instructif et bénéfique pour la communauté internationale. Leur appel à une collaboration interdisciplinaire pour améliorer la qualité de vie des patients, ainsi que nos perspectives peuvent apporter un guide plus détaillé dans la thérapie personnalisée de l’arthrose comorbide avec la dépression.

Divulgation

Les auteurs ne signalent aucun conflit d’intérêts dans cette communication.

Les références

1. Wang ST, Ni GX. Dépression dans l’arthrose: compréhension actuelle. Traiter les maladies neuropsychiatriques. 2022;18:375–389. doi:10.2147/NDT.S346183

2. Toupin April K, Bisaillon J, Welch V, et al. Tramadol pour l’arthrose. Cochrane Database Syst Rev. 2019;5(5):CD005522. doi:10.1002/14651858.CD005522.pub3

3. Beakley BD, Kaye AM, Kaye AD. Tramadol, pharmacologie, effets secondaires et syndrome sérotoninergique : une revue. Médecin de la douleur. 2015;18(4):395–400.

4. Laugesen S, Enggaard TP, Pedersen RS, Sindrup SH, Brøsen K. La paroxétine, un inhibiteur du cytochrome P450 2D6, diminue la O-déméthylation stéréosélective et réduit l’effet hypoalgésique du tramadol. Clin Pharmacol Ther. 2005;77(4):312–323. doi:10.1016/j.clpt.2004.11.002

5. Feng XQ, Zhu LL, Zhou Q. Interactions médicamenteuses pharmacocinétiques liées aux analgésiques opioïdes : du point de vue des preuves basées sur des essais contrôlés randomisés et la gestion des risques cliniques. J Douleur Rés. 2017 ; 10 : 1225-1239. doi : 10.2147 / JPR.S138698

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