Le régime de soins dentaires libéral-néo-démocrate n’est peut-être pas parfait, mais c’est quand même une victoire – The Brock Press

Les dernières nouvelles de la scène politique fédérale concernent l’entente de gouvernance entre les libéraux et les néo-démocrateset à juste titre.

Il s’agit de l’un des, sinon du plus important accord de ce genre jamais signé sur la scène fédérale. Même si l’accord lui-même n’est pas mon objectif principal aujourd’hui, je voulais prendre une seconde pour aborder quelques arguments des réactionnaires de droite à propos de toute cette affaire. Plus précisément, comment c’est si anti-démocratique et un signe de la fin des temps alors que les communistes prennent le pouvoir.

Bien que nous soyons historiquement une exception à la règle, le fait est que la plupart des pays comparables dotés de systèmes parlementaires ont adopté une approche beaucoup plus coopérative que nous pour gouverner. Étant donné que beaucoup d’entre eux ont un système électoral plus démocratiquement représentatif, ils voient très rarement des gouvernements majoritaires, et ils gouvernent donc par la formation de grandes coalitions, ainsi que par des accords d’approvisionnement et de confiance plus subtils comme dans ce cas. Ainsi, lorsque nous examinons la gamme d’options disponibles sur la façon de former un gouvernement stable avec une minorité, c’est l’une des façons les moins transformatrices d’y parvenir. En d’autres termes, c’est une approche très douce, à peu près la plus éloignée d’une « prise de contrôle communiste ».

Deuxièmement, ce n’est en aucun cas un effort d’imagination anti-démocratique. En fait, c’est beaucoup plus démocratique que l’alternative. De 2019 à 2021, les libéraux ont gouverné le pays de manière indépendante, bien qu’ils n’aient pas réellement de majorité. Bien que ce travail ait été rendu plus difficile par cette réalité, le fait est qu’ils y sont allés seuls. Cela signifie que le parti qui a obtenu 33 % des voix détenait pratiquement tout le pouvoir.

Dites-moi maintenant, en quoi cela est-il plus démocratique que cet accord, dans lequel ils travailleront avec un autre parti qui a obtenu près de 18 % des voix lors des dernières élections ? A eux deux, ils représentent un peu plus de 50 % des votants. Avoir les intérêts d’un majorité du public votant représenté par le gouvernement fera de celui-ci l’un des gouvernements les plus démocratiquement représentatifs que nous ayons eu depuis des décennies.

Cela dit, ma réponse à toutes ces critiques de la droite se résume à ceci : qu’il s’agisse de mandats COVID-19 ou d’accords d’approvisionnement et de confiance, simplement parce que vous n’êtes pas d’accord avec ce que fait le gouvernement, n’est-ce pas ? n’en faites pas un mal, un dictateur ou un communiste.

Maintenant, avec cela à l’écart, mon point ; J’ai bon espoir (mais pas d’optimisme) que cet accord durera, car ce serait un signe très prometteur que nos partis politiques cherchent enfin à lutter contre notre culture politique hyper partisane plutôt que de continuer à y contribuer. Au lieu de marteler toutes les différences infimes entre eux, je trouve incroyablement rafraîchissant de les voir plutôt se concentrer sur la mise en œuvre de politiques et de programmes réels que les Canadiens veulent et qui leur seront utiles.

Le principal programme qui me passionne à la sortie de leurs négociations est soins dentaires. L’expansion de notre système de santé public est d’une importance cruciale, surtout compte tenu de la pression exercée par la pandémie sur nos ressources déjà limitées. Cela me semble être un signe positif que la pandémie a réveillé certaines personnes aux dangers causés par notre lente marche vers la privatisation des soins de santé et la réduction des coûts.

En même temps que je ne taris pas d’éloges sur les libéraux et les néo-démocrates pour ce projet de régime d’assurance dentaire, je pense aussi qu’il est utile de souligner qu’il ne va pas assez loin. Les programmes sociaux sous condition de ressources sont conçus pour diviser, ce qui sape leur légitimité aux yeux des classes moyennes et supérieures qui détiennent la part du lion du pouvoir politique, ce qui conduit finalement à leur sous-financement et, dans certains cas, à leur annulation. Si nous éliminions complètement le besoin d’une assurance privée pour accéder aux soins dentaires, s’opposer à cette proposition serait aussi tabou que s’attaquer à toute autre partie de notre système de santé universel.

Cependant, il est également important de ne pas tomber dans le trope populaire de l’aile gauche, où la perfection est l’ennemi du bien. Le fait est que les soins dentaires universels n’étaient pas sur la table, ni d’un côté ni de l’autre. Dans l’arène politique, la pureté idéologique peut bien souvent entraver le progrès. Bien sûr, publier sur le fait que les libéraux et le NPD sont les mêmes “complices néolibéraux” pourrait vous faire gagner des points brownie sur Twitter, mais cela n’offrira pas une couverture dentaire à 6,5 millions de personnes d’ici 2025.

Il y a un équilibre à trouver quand on parle de ce genre de choses. Il ne sert à rien de mentir et de dire que ce régime offrira une couverture dentaire universelle, ce n’est tout simplement pas vrai. L’examen des ressources peut rendre les programmes sociaux plus ciblés, mais nous savons que lorsque le gouvernement réduit sa portée, les personnes dans le besoin passent entre les mailles du filet, peu importe à quel point les fonctionnaires ont bien analysé les chiffres de Statistique Canada.

En même temps, nier la valeur d’un tel programme, surtout dans une période politique aussi tumultueuse et précaire que nous traversons, ne sert à rien non plus. Je préférerais de loin que cet accord soit conclu maintenant plutôt que d’attendre que le moment soit venu pour que les soins dentaires universels soient adoptés, car il n’y a vraiment aucune promesse lorsque le paysage politique se prêterait à un tel programme.

Le contexte est important, quelles que soient vos réflexions personnelles quant à la meilleure voie à suivre pour un problème particulier. Si nous regardons le monde réel et ce qui est possible à un moment donné, nous devons mettre de côté les abstractions et reconnaître une victoire lorsque nous en obtenons une, même si elle n’est pas parfaite.

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