Le nouveau régime de santé du Québec promet un meilleur accès aux soins et de meilleures conditions de travail pour les infirmières

Le Québec a dévoilé son plan pour assainir son système de santé et de services sociaux aux abois au cours des trois prochaines années, en mettant l’accent sur l’accélération de l’accès aux services de santé de première ligne grâce à un service téléphonique à guichet unique, la réduction des temps d’attente aux urgences et l’amélioration des conditions de travail des infirmières.

Le plan, décrit dans un document de 90 pages intitulé “Humain et efficace – Plan pour mettre en œuvre les changements de santé nécessaires”, met en évidence certaines solutions aux défis du système aggravés par la pandémie, notamment le manque de personnel, la hausse des coûts et le vieillissement de la population.

Le ministre de la Santé Christian Dubé et Lionel Carmant, ministre adjoint de la Santé du Québec, ont dévoilé les détails du plan mardi matin.

Dubé a déclaré que l’un de ses principaux objectifs est de s’assurer que tous les Québécois aient “la meilleure expérience patient et qu’ils soient fiers de leur système de santé”.

Parmi les 50 mesures proposées, qui ont fuité dans un document obtenu par Radio-Canada la semaine dernière, figurent l’élimination des heures supplémentaires obligatoires pour les infirmières, l’embauche de 3 000 nouveaux commis d’ici la fin de l’année pour s’occuper d’une partie de la paperasse, davantage de soins à domicile services aux aînés, la modernisation de l’accès aux données médicales et la création de dossiers de santé électroniques accessibles aux patients.

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La pandémie offre la possibilité de réparer les soins de santé au Québec, dit Dubé

Le gouvernement du Québec a dévoilé son plan pour améliorer le système de santé de la province. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a déclaré que la pandémie a révélé des problèmes dans le système qui doivent être corrigés. 0:54

Le nouveau document du plan de santé n’inclut pas les coûts, mais Dubé a souligné une augmentation budgétaire de 6,3 % pour le système de santé au cours de l’année à venir.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Eric Girard, a déclaré que cette augmentation serait affectée à la refonte du système.

Mais l’argent n’est qu’une partie de la solution, a déclaré Dubé.

“Il faut plus que de l’argent – il faut une volonté de travailler différemment.”

Guichet unique pour les Québécois sans médecin de famille

Le Québec envisage également de changer la façon dont les médecins de famille sont payés, d’une base par acte à une base par patient, dans le but d’amener ces médecins à prendre plus de patients.

Il y a quelque 945 000 Québécois qui sont toujours sur la liste d’attente d’un médecin de famille, selon le document.

Dubé a déclaré que le gouvernement travaillait toujours à réduire le nombre de personnes sur cette liste, mais qu’il renonçait à une promesse faite en 2018 d’avoir un médecin de famille pour tout le monde d’ici la fin du premier mandat du gouvernement caquiste cette année.

Le plan appelle maintenant à intensifier les alternatives pour les soins de première ligne, notamment en donnant aux infirmières praticiennes, aux ambulanciers paramédicaux et aux pharmaciens plus de pouvoir pour traiter les patients.

Dans le cadre du plan, les Québécois appelleront un numéro de téléphone qui agirait comme un service à guichet unique, où une infirmière dirigerait les patients vers le service médical approprié, qu’il s’agisse de consulter un médecin ou de les aligner avec une autre méthode de soins.

«Ce n’est pas seulement théorique. C’est déjà commencé», a déclaré Dubé, qui a pointé un projet pilote dans la région du Bas-Saint-Laurent.

Dubé dit espérer que « la majorité » des personnes sans médecin de famille pourront utiliser le guichet unique d’ici la fin de l’été.

Le ministre adjoint de la Santé, Carmant, a souligné que le guichet unique sera géré au niveau régional et sera accessible en anglais.

On espère qu’en vertu de ce plan, moins de Québécois auraient besoin de se rendre à l’urgence d’un hôpital pour des problèmes de santé qui pourraient être traités ailleurs.

Cependant, des réformes sont également proposées sur le fonctionnement des salles d’urgence, dans le but de réduire le temps d’attente dans chaque salle d’urgence à 90 minutes maximum, indique le document.

Chaque hôpital aurait un « centre de commande » qui s’attaquerait à la réduction des temps d’attente. Le centre serait composé de travailleurs de différents secteurs, y compris l’équipe de soins à domicile et les professionnels de la santé mentale.

Le centre aurait pour objectif de faire sortir les patients dès que leur état ne serait plus critique mais veillerait à ce que le patient “continue à bénéficier de services extérieurs à l’hôpital si son état de santé l’exige”.

Améliorer les conditions de travail

De nombreuses mesures visent à créer un “environnement de travail plus attractif” pour les professionnels de santé, notamment pour les infirmiers.

À cette fin, le gouvernement promet de sureffectifr le système, pour lui permettre de gérer les absences sans compter sur le fait de forcer les infirmières à faire des heures supplémentaires.

Dubé a déclaré que son gouvernement surveillait la fréquence d’utilisation des heures supplémentaires obligatoires et a souligné un mois récent où il s’est produit “seulement 27” fois qu’une infirmière a été forcée de rester au travail parce qu’il n’y avait pas de remplacement pour le quart de travail suivant.

“Il y a une volonté, une volonté très claire, de ne pas le faire”, a-t-il dit.

Le gouvernement prévoit d’entreprendre une campagne de recrutement “massive”, notamment en embauchant plus de 1 000 infirmières de l’étranger.

Chaque établissement serait également autorisé à gérer ses propres horaires, avec la contribution du personnel.

Le gouvernement souhaite également réduire la dépendance du système vis-à-vis des agences privées pour fournir des infirmières temporaires et des aides-soignantes. À l’heure actuelle, de nombreux hôpitaux et foyers de soins de longue durée comptent sur ces agences pour pourvoir des postes lorsqu’ils manquent de personnel, à un coût plus élevé.

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